My Favorite Records of 2020

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Si l'industrie musicale tourne au ralenti depuis plusieurs mois (pandémie mondiale oblige), toujours est-il que cette année 2020 nous réserve son lot de belles surprises. En témoigne la quantité de rééditions consacrées à la musique japonaise ; des tableaux ambiants d'Hiroshi Yoshimura, en passant par le minimalisme bucolique de Pale Cocoon, mais aussi le deuxième volet la compilation Pacific Breeze qui sent bon l'eau de mer et le sable chaud, sans oublier la synth-pop déviante et colorée de Masumi Hara. La musique environnementale n'est pas en reste non plus, avec pas moins d'une dizaine de rééditions qui lui ont été consacrées cette année, notamment le premier album d'Inoyama Land sur lequel je suis déjà longuement revenu.

Hiroshi Yoshimura – Green

Inconnu en dehors du Japon de son vivant, feu Hiroshi Yoshimura est aujourd'hui considéré comme l'un des pionniers de la musique ambiante japonaise. Si sa musique peut aujourd'hui espérer toucher un nouveau public, il est également respecté pour ses pièces sonores et sa contribution à la musique environnementale. Yoshimura a en effet travaillé sur un certain nombre de commandes après la sortie de son premier album en 1982, notamment des pièces sonores pour des musées, des galeries, des espaces publics, des émissions de télévision, mais également de l'art vidéo, des défilés de mode et même des marques de cosmétiques. Comme beaucoup de ses contemporains, son œuvre connaît un second souffle depuis peu ; en témoigne la réédition de son premier album, Music for Nine Post Cards chez Empire of Signs en 2017.

Sorti en 1986, Green est l'un des albums les plus appréciés du compositeur et l'un des favoris de l'artiste lui-même. Enregistré au cœur de l'hiver tokyoïte, les morceaux s'enchaînent lentement en contraste avec l'effervescence de la mégalopole en plein boom économique. Un disque apaisant, qui prend son temps. Comme il l'expliquera lui même dans les notes de l'édition originale, l'album est une évocation du cycle naturel à l'image de la pochette du disque qui reflète parfaitement les sons apaisants et chaleureux contenus dans l'album. Pour la première fois disponible en vinyle, cet album jusqu'à présent introuvable inaugure par ailleurs la nouvelle série consacrée à l'artiste initiée par le label américain Light in the Attic et laisse présager d'autres rééditions. Un indispensable pour tous les amoureux de musique ambiante japonaise.‌


Pale Cocoon – 繭 (Mayu)

L'unique album de Pale Cocoon paru en cassette en 1984 sur Pafe Record sombre dans l'obscurité peu de temps après sa sortie ; seulement pour susciter un culte fort près de deux décennies plus tard lors de l'avènement de l'ère du blog musical. Évoquant tantôt Woo, The Durutti Column et d'autres musiques expérimentales et ambiantes des années 80 —, bien que l'atmosphère singulière de cet album soit relativement inégalée et en avance sur son temps — Mayu propose une relecture des sons du paysage japonais en plein été à travers des synthétiseurs tourbillonnants et des sons de guitare chatoyants. Largement inspiré par l'art symboliste belge et la littérature japonaise, l'album brouille la frontière entre la nature et le bruit pour créer quelque chose d'absolument magique — un monde qui lui est propre. Disponible pour la toute première fois au format vinyle alors que le disque semblait jusqu'à présent échapper à toute tentative de réédition légitime, la bande oubliée peut désormais espérer toucher un nouveau public tant cette réédition pour le moins inattendue signée Incidental Music en association avec son homologue tokyoïte Conatala met en évidence la qualité élégiaque des compositions.

Inspiré par sa ville natale, Tsuyoshi Kawabata imagine le jaillissement d'un cocon alors qu'il compose de la musique sur un enregistreur à 4 pistes dans la chrysalide musicale de son studio.

Mayu est une formidable collection de compositions avec une saisonnalité inhérente à leur arrangement, une réflexion sur les paysages du littoral japonais. Un incontournable pour tous les amoureux de musique minimale japonaise.


Pacific Breeze 2: Japanese City Pop, AOR & Boogie 72-86

‌Suite au succès rencontré par le premier opus, le label américain Light in the Attic (encore) propose un deuxième volet à sa compilation Pacific Breeze consacrée, comme son nom l'indique, à l'âge d'or de la City Pop japonaise. Une belle édition dont la pochette est une nouvelle fois signée par l'illustrateur japonais Hiroshi Nagai, dont le style est aujourd'hui indisociable de l'esthétique du genre. Quant à se contenu, c'est une nouvelle fois un déluge de tubes plus


Portray Heads – Portray Heads


Masumi Hara – 4 X A Dream

La réédition aussi inantendue qu'inespérée du deuxième album de Masumi Hara, génie méconnu, chez le génial Numero Group. Un disque étonnant, pour ne pas dire renversant, tant Hara explore, dissèque et réassemble les genres ; passant d'un ballet synth-pop au dub,